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Costa Rica tops the Happy Planet Index for the third time

Photo credit:   Beth Rankin

Karen Jeffrey is a researcher at the new economics foundation (nef). This blog was previously published under the title “This is the most efficient economy in the world” on the nef blog.

The 2016 Happy Planet Index (HPI) results are in. For the fourth time, we’ve ranked countries all over the world based on how efficiently their residents are able to live long, happy lives right now, and in the future.

Still, no country has been able to achieve the ultimate goal of long lives and high wellbeing for all within sustainable ecological limits. In fact, the results challenge the conventional wisdom that wealth equates to delivering a successful economy, and offer valuable insights into the policies that might deliver long, happy lives within environmental limits.

What is the Happy Planet Index?

The HPI is the leading measure of sustainable wellbeing. It combines four elements – wellbeing, life expectancy, inequality of outcomes, and ecological footprint – to show how efficiently residents of different countries are using environmental resources to lead long, happy lives.

How’s it looking in the UK?

The UK places a disappointing 34th out of 140 countries. But it’s not the only wealthy nation that fails to place near the top of the rankings – no G8 economy appears in the top 30.

The UK performs relatively strongly on wellbeing and life expectancy on average and in terms of how equally the scores are distributed across the population. But like most other advanced economies, it is denied a place in the HPI‘s top 20, due to its high and unsustainable ecological footprint – a whopping 4.9 global hectares per capita. However, the UK still comes out ahead of France (44th) and Germany (49th), but behind Norway (12th) and Spain (15th).

The most efficient economy in the world is….

Costa Rica has topped the 2016 Happy Planet Index rankings for the third time. The tiny tropical nation is far ahead of the UK and beats many Western economies on sustainable wellbeing.

The overall results highlight success stories in Latin America and Asia Pacific, where residents enjoy relatively high and equally distributed life expectancy and wellbeing, while leaving a smaller ecological footprint than other more advanced economies.

What does success look like?

In Costa Rica, people are living longer, and are more satisfied with life than people living in the USA – although there is slightly higher inequality in how these outcomes are distributed within the population of Costa Rica. What really sets the country apart is that it manages to combine long, happy lives with an environmental impact that’s little more than one third of the size of the USA’s.

So what’s the secret to Costa Rica’s success?

Since abolishing its army in 1949, Costa Rica has reallocated its defence budget to funding education, health and pensions.  The culture of forming solid social networks of friends, families and neighbourhoods is another factor that’s contributing to Costa Rican’s high wellbeing.

Costa Rica is also a world leader when it comes to environmental protection. 99% of electricity used there comes from renewable sources and the government is far ahead of many wealthier nations, having committed the country to becoming carbon neutral by 2021.

While Costa Rica’s commitment to environmental sustainability is impressive, it still has some way to go before its Ecological Footprint of 2.8 global hectares per capita reaches the sustainable level of 1.7 global hectares per capita.

Like every nation, Costa Rica has more work to do to reach the ultimate goal of truly sustainable wellbeing. But its success, scoring top place on the HPI, demonstrates that there are alternatives to the development paths that have been followed in the West. It provides a shining example of a country that is well on its way to creating good lives that don’t cost the Earth.

To explore the full results, or to find out more about the other high-ranking countries visit http://happyplanetindex.org/

 

Les inégalités au cœur du développement (non) durable

This blog, written by Rémi Genevey and Laurence Tubiana, is part of the Wikiprogress series on Post-2015. The blog stresses the need to integrate the reduction of inequalities into the Sustainable Development Goals’ agenda in post-2015, because doing so is the key to making our development trajectories more sustainable.
Dans un peu plus de deux ans, les gouvernements de la planète devront définir des objectifs de développement durable « orientés vers l’action, concrets, concis et faciles à comprendre, en nombre limité, ‘aspirationnels’, d’envergure mondiale et susceptibles d’être appliqués universellement dans tous les pays », selon l’engagement pris au sommet de Rio en juin 2012. Le délai est extraordinairement serré au regard de l’ampleur de la tâche et de l’acuité des enjeux. Quels objectifs de développement durable seraient susceptibles de rallier tous les suffrages dans un délai si court ? Un problème commun à tous les pays émerge depuis dix ans, avec des conséquences néfastes sur la soutenabilité des modèles de développement : le creusement des inégalités. D’une manière ou d’une autre, le développement durable devra intégrer la réduction des inégalités dans son agenda. Non comme une fin en soi, mais comme un moyen de rendre nos trajectoires de développement plus durables. 
 Les effets du creusement contemporain des inégalités font l’objet d’un intérêt croissant des économistes. L’édition 2013 de Regards sur la Terre* rassemble quelques contributions saillantes sur la question. D’abord, l’évolution des inégalités de revenus dans le monde connaît un grand retournement depuis un peu plus de dix ans. Pendant deux siècles, les inégalités entre nations se sont accrues, tandis qu’elles se stabilisaient, voire déclinaient à l’intérieur des pays. Cette histoire pluri séculaire a pris fin au tournant du siècle : désormais, les inégalités de revenus entre pays se résorbent et les inégalités internes s’accroissent. 

Ce renversement sans précédent a des conséquences considérables sur l’état de notre planète et de nos sociétés. Le rattrapage économique s’accompagne d’une hausse des revenus et des salaires moyens, ce qui considéré sans plus de détails est évidemment une très bonne nouvelle ; mais il exerce également une pression accrue sur nos écosystèmes. La planète a ses limites qu’ignorent encore nos instruments de mesure tels que le PIB. À modes de consommation et de production inchangés, la course à la croissance – peu importe ici qui la gagne – est une course à l’épuisement. 

Ce renversement modifie également les rapports de force entre pays et les modalités des négociations multilatérales. On ne négocie plus entre quelques puissantes nations de l’OCDE, mais entre coalitions de pays du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest, à revenus convergents. Maintenant que les rapports de force s’équilibrent, négocie-t-on mieux ou moins bien l’infléchissement de nos trajectoires de développement ? Voici l’une des questions ouvertes par ce « grand retournement », qui reste sans réponse claire pour l’instant. Une chose est certaine,  ce rééquilibrage favorise des modes de coordination faibles, où l’autonomie des choix nationaux l’emporte sur la recherche de normes globales.

Les  conséquences des inégalités internes sont d’un autre ordre. Les modèles de croissance très inégalitaires semblent bel et bien les moins résilients, dans la mesure où ils affaiblissent le consensus des citoyens autour des biens communs au profit de l’appropriation privée. A l’opposé,  les modes de consommation des derniers déciles de revenus ont un effet d’entraînement mimétique sur les classes moyennes, la plupart du temps défavorable à l’environnement. La consommation accrue d’eau, d’énergie, d’aliments ou de biens matériels, quel qu’en soit le bénéfice réel, est perçue comme positive, tandis que la recherche d’efficacité, de découplage entre la croissance économique et la consommation de ressources, apparaît comme potentiellement régressive. Enfin, les inégalités et le sentiment d’injustice freinent ou rendent illégitimes les politiques environnementales, perçues comme un fardeau supplémentaire par les oubliés de la croissance.   

La question des inégalités occupe aujourd’hui une place centrale dans les débats sur le développement durable et ce que l’on nomme l’agenda de développement « post-2015 ». L’ignorer au nom du réalisme (réduire les inégalités est complexe…) serait se priver d’une de ses vertus essentielles : elle offre une clé au développement durable. Car elle n’est pas qu’une question sociale, elle a des conséquences sur  la résilience de nos modèles de croissance, sur notre capacité à protéger la biodiversité ou à mettre en place une transition énergétique et écologique. En bref, sur notre capacité à tenir nos engagements. 
Rémi Genevey, directeur de la stratégie à l’Agence française de développement (AFD)
Laurence Tubiana, professeur à Sciences Po Paris , directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)
 

This blog first appeared in Slate.fr Tribune on 18 July, 2013. 

* Regards sur la Terre 2013, de Rémi Genevey, Rajendra Kumar Pachauri et Laurence Tubiana, éditions Armand Colin, paru le 10 avril 2013, 384 pages.

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